L'art de se perdre

Fragments d'un voyage amoureux

Marin #8

Avr
30

Dans la cabine, la carte est restée étalée au sol. Près d’elle, les vêtements de Melville en bouchon ont rejoint ceux de Lisa.
Au fond, sur le lit triangulaire, deux corps se frôlent. Melville raconte à Lisa la carte et la Malaisie. Toutes deux tracent des itinéraires, des récits à venir, des plans sur la comète. Entre deux baisers, les amants s’enflamment pour un trésor perdu. La toison d’or ? Le coffre de Long John Silver ? Au large, il n’y a plus que l’aventure. L’un contre l’autre, ils s’échauffent. Leurs esprits sont à l’image de leurs corps, en mouvement, en contact intime aussi. La langue de Melville dessine des continents sur le corps de Lisa, la langue de Lisa dessine des chemins secrets sur celui de Melville. Leurs humidités emplissent l’atmosphère de parfums capiteux. Entre deux craquements de la coque soupirent les gémissements de Melville quand Lisa glisse contre et en lui. L’amoureuse à son tour se perd en hoquets quand l’écrivain la prend passionnément. Elles suent de bonheur. Leurs sourires éclairent le réduit.

La tête sur l’oreiller, Lisa et Melville regardent le plafond comme s’il s’agissait d’une voûte céleste. Lisa chantonne une histoire d’étoiles jumelles. Entre deux couplets, Melville lâche négligemment :
« Tu sais Lisa, je le trouve très beau, ce marin. Il me plaît. Il me plaît beaucoup. »

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